carnet de route
 
hisoire de la valle

Le Pays Quint / Kintoa
Cette vallée est née de l’ancien Pays Quint ou Kintoa. Le Pays Quint est un territoire transfrontalier. Cet espace à l’origine s'étend sur environ 20 000 ha, sur les 2 versants pyrénéens. Ainsi, depuis des temps immémoriaux, la vallée de Baigorri (au nord) et la vallée de Erro (au sud) utilisent en commun cette vaste pâture de lande.
Cette zone appelée « Pays Quint » est une particularité et un vestige de l’ancien royaume de Navarre, une enclave basque neutre entre la France et l’Espagne qui forme un territoire indivis, réglementés par une juridiction de conventions pastorales de bon voisinage, d'abord orales puis écrites, pour être transformées en traités internationaux.
Le peuplement se met à croître à la fin du XV° siècle dans la vallée de Baigorri. C’est alors que les cadets des maisons s’installent dans les bordes ou bergeries se situant dans les zones de pâturages et deviennent ainsi des zones d’habitat permanent.
La vallée des Aldudes est née, puis la création des villages de Banca, des Aldudes et d’Urepel au cours du 17° siècle. Mais cette implantation a suscité de nombreux conflits jusqu’à la signature du Traité des limites à Bayonne en 1856.
Depuis, les habitants de la Vallée de Baigorri ont la jouissance exclusive des pacages du Pays Quint environ 2000 hectares. La France verse annuellement une somme à titre d’indemnisation aux vallées voisines (Navarraise).
Autre particularité de Kintoa, les familles habitant le Pays bénéficient d’un statut spécial, elles sont rattachées à la commune d’Urepel et paient leurs impôts en Espagne.

Le Chemin neutre
Il est un accord additionnel à la convention de 1858. Long d'environ 12 km, ce chemin appelé "neutre" est un chemin reconnu international, permettant aux troupeaux de la vallée du Baztan de se rendre dans la région de Burguette et Valcarlos (territoire Espagnol), en traversant Les Aldudes (territoire français).
Le traité de Bayonne reconnaît ce chemin sur lequel la police ne peut exercer ni action, ni surveillance et ainsi ne peut être exigé de leurs propriétaires le paiement d'aucun péage.

Ce bassin hydrographique tourné vers le Nord englobe les villages de Banca, Aldudes, Urepel et le Pays Quint. Cette enclave entourée de frontière sur les crêtes de montagne est située à égale distance de Bayonne et Pampelune.

fleur UNE LONGUE HISTOIRE... QUI CONTINUE DE S'ÉCRIRE!

Une riche protohistoire enfin révélée.
De récentes découvertes ont mis en évidence une occupation humaine fort ancienne qui pourrait correspondre à la fin de la période glaciaire et à la colonisation par les espèces végétales actuelles de la partie occidentale des Pyrénées c’est à dire entre 10 000 et 8000 ans. Le climat alors plus favorable favorise l’implantation de groupes d’hommes qui, développent probablement le pastoralisme mais aussi une exploitation des minerais assez abondants dans la vallée.
On peut imaginer depuis la protohistoire à nos jours une occupation certainement irrégulière mais relativement constante de la montagne.
Les témoins les plus anciens sont notamment les nombreux cromlechs comme ceux d’Argibel, Sorgain et Elorrieta mais aussi les nombreuses traces de fours, de mines et de charbonnières notamment dans le secteur d’Errola.

Une autonomie tardive.
Toutefois, il faut attendre le XVIIIème siècle pour que les habitants de l’actuelle vallée des Aldudes constituent une entité administrative indépendante . En effet à partie du XVIème siècle, la pression démographique pousse les habitants des vallées voisines de Erro, Baztan et Baigorri à s’implanter sur ce territoire qui, était exploité de façon indivise par les vallées voisines. Après des siècles de conflit, les villages des Aldudes et Banca sont enfin érigées en paroisse en 1773. Urepel
Mais la frontière entre la France et l’Espagne n’a toujours pas été fixée ! La question des mines et des pâturages attisent la convoitise des uns et des autres et il faut encore attendre 1785 pour que la frontière appelée « ligne d’Ornano » coupe en deux le pays quint de façon arbitraire en ligen droite sans tenir compte de la ligne de crête . Les habitants de la vallée sont furieux ! les meilleurs pâturages sont attribués à la vallée du Baztan et d’Erro et les habitants du haut de vallée doivent bon gré mal gré partager ceux qui leur restent avec les habitants de Baigorri !
La tension est vive. Les Aldudars croient trouver la solution en 1794 lorsque les Espagnols, dans le contexte des guerres de la révolution française occupent Les Aldudes ; En effet ceux ci écrivent au roi d’Espagne pour lui demander de fixer la frontière entre Banca et Baigorri. Ainsi les Aldudars font coup double : ils récupèrent les meilleurs pâturages du sud de la vallée et interdisent aux Baigorriars d’y accéder. Mais malheureusement pour eux, les troupes révolutionnaires aidées par le Jeune Harispe et les « chasseurs basques » de Baigorri reprennent le haut de vallée.
Il faut attendre le traité d’Elizondo en 1856 pour trouver un compromis. La zone comprise entre la frontière actuelle et la ligne de crête est attribuée aux habitants de la vallée de Baigorri pour les pâturages. On appellera désormais cette zone : le pays quint septentrional. Le pays quint méridional s’étendant quant à lui sur le versant sud.

Le renouveau de la vallée.
Mais à partir des années 1980 on assiste à un changement de mentalité. Une nouvelle génération se lève qui refuse de se résigner à un déclin inexorable . Elle a compris que le salut ne viendra pas d’ailleurs et que le développement économique, social et culturel est entre les mains des forces vives de la vallée, que les contraintes si longtemps subies peuvent devenir des atouts. C’est ainsi que les agriculteurs s’engagent dans une agriculture de qualité avec notamment la défense des races locales. Que le secteur agroalimentaire se développe sur des produit de qualité , que les artisans s’appuient sur leur savoir faire, que les associations culturelles prennent conscience de la richesse de leur héritage culturel et en premier lieu du plus grand trésor : celui de la langue basque admirablement parlée par la majorité des habitants. Les nombreux hôteliers et restaurateurs découvrent également que l’authenticité de leur accueil loin des prestations convenues et formatés du tourisme de masse, était très appréciée. En effet, dans la vallée le visiteur devient vite un ami que l’on reçoit personnellement et que l’on régale des délicieux produits de la vallée.

Fort de ces atouts les trois villages s’unissent tous les deux ans pour organiser en automne les « portes ouvertes de la vallée » . Ce rendez vous est aujourd’hui devenu une vitrine pour les milliers de visiteurs venus parfois de loin mais cette foire est aussi l’occasion pour les habitants de la vallée de découvrir que unis et solidaires, ils peuvent légitimement être fiers de leur longue et passionnante histoire.

hisoire en photos

hisoire en photos L’Amérique au secours de la vallée:
C’est au XIX siècle que la vallée connaît une explosion démographique impressionnante. C’est aussi à cette époque que l’émigration massive vers l’Amérique du Sud démarre. Après la guerre de 1914-1918, la vallée est exsangue. Elle vit véritablement sous perfusion grâce aux apports de ceux qui sont partis en Amérique mais aussi s à la contrebande.
L’émigration bascule ensuite vers l’Ouest américain. Après 1945, 80 à 90 % des jeunes traversent l’Atlantique pour travailler comme bergers dans les immenses espaces des Rocheuses. Cette émigration massive s’arrête dans les années 1960 avec les bouleversements des « trente glorieuses ». Les flux se dirigent t à présent vers les villes notamment la côte basque où en période de plein emploi on trouve facilement du travail. La vallée continue à se vider.

fleurLE CHAPELET DE MAXIMILIEN D'AUTRICHE:  
photo du maximilien d autriche

Le 9 juillet 1863, le Mexique, après une guerre civile, provoque l’intervention des Français, des Britanniques et des Espagnols. En juin 1864, sur la pression de Napoléon III, Maximilien d’Autriche, devient Empereur du Mexique. Son épouse est Charlotte de Belgique.

Mais bientôt, la France abandonne Maximilien et retire son armée du Mexique. L’Impératrice Charlotte essaie de trouver ses alliés en Europe.... Mais en vain. Elle est prise de folie pendant sa visite au Vatican. Maximilien, vaincu fut condamné à mort et fusillé le 19 juin 1867, ses dernières paroles furent « Pauvre Charlotte »

Les affaires de Maximilien se seraient vendues aux enchères. Un Basque des Aldudes : (Certains l’appellent Martin Etcheverry et d’autres Baillerko Beltza : peut-être deux appellations du même personnages), aurait acheté ce chapelet en or offert en cadeau à l’église des Aldudes. Pendant des années, lorsqu’on sortait la statue de la Vierge en procession, on passait ce chapelet autour du cou ou du bras de la Vierge.

Un point à noter : Ce chapelet compte sept dizaines. Un bijoutier de la Rochelle a bien observé les grains du chapelet et a déclaré qu’on a prié dessus en constatant les traces d’usure qu’il présente.

D’après Monsieur Goffin, historien, Charlotte était enceinte en quittant le Mexique. Le prénom de l’enfant aurait été Maxime pour rappeler celui de son père… mais rien n’est moins sûr ! On pense que cet enfant pourrait être Weygand, le général chef d’Etat Major de Foch mais, Weygand a déclaré ne pas connaître son père. Son père ? Peut-être, le roi Léopold II de Belgique ou un colonel Mexicain ; Ou bien Lopez à qui Weygand ressemblait beaucoup (Il semblerait qu’il ne ressemblait pas à Maximilien), le mystère demeure... !

Les origines familiales de Maxime Weygand sont obscures, et certains avancent qu’il aurait pu être l’enfant naturel du roi des Belges, Léopold II, ou de la princesse Charlotte, veuve de l’Empereur du Mexique, Maximilien.

Extrait de :
Histoire pour tous, mai 1965, Alain Decaux.

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